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Passer son permis de conduire en France quand on est étranger — les deux points de blocage (2026)

· 11 min · par Settli

📌 L'essentiel

  • À vérifier d'abord : si votre permis d'origine est échangeable, l'échange est presque toujours plus rapide et moins cher. Cet article concerne les cas où l'échange est fermé (pas d'accord de réciprocité, délai dépassé) ou inexistant
  • Condition d'inscription pour un étranger : la régularité du séjour, et en plus une résidence normale en France (185 jours par année civile) ou la qualité d'étudiant depuis au moins 6 mois — la seconde voie est faite pour les étudiants internationaux
  • Âge : inscription dès 16 ans (15 ans en AAC), obtention du permis B dès 17 ans
  • Tout commence par le NEPH : sans ce numéro, aucune épreuve n'est enregistrée. Demande sur l'ANTS ou par l'auto-école
  • ⚠️ Le piège des moins de 21 ans : né à compter du 1er janvier 1988 et âgé de moins de 21 ansASSR2 ou ASR obligatoire. Scolarisé à l'étranger, vous n'avez pas l'ASSR2 → ASR dans un Greta (20 questions, 10/20)
  • Code (ETG) : 30 €, 35 bonnes réponses sur 40, bénéfice conservé 5 ans, chez 5 opérateurs agréés
  • Pratique : 20 h de formation minimum (13 h en boîte automatique), épreuve de 32 minutes dont au moins 25 minutes de conduite, 20 points minimum et aucune faute éliminatoire
  • Changement 2026 ① — le CPF est très restreint depuis le 20 février pour le groupe léger : demandeurs d'emploi ou salariés avec financement d'un tiers
  • Changement 2026 ② — l'échange de permis devient payant : 40 € depuis le 12 mai (20 € en Guyane)

Passer le permis en France n'a rien de particulier une fois qu'on est au volant. La vraie difficulté, quand on est étranger, se situe avant : à l'inscription, puis au moment de réunir le dossier si l'on a moins de 21 ans. Ces deux points sont rarement expliqués au comptoir d'une auto-école, pour une raison simple — ils n'existent pas pour un candidat né et scolarisé en France.

Cet article s'appuie donc sur les textes eux-mêmes : service-public.gouv.fr, le code de la route et les pages Éduscol du ministère de l'Éducation nationale. La condition d'inscription en particulier comporte une alternative favorable aux étudiants, souvent ignorée : elle est citée ici telle quelle.

⚠ Avertissement

Cet article a une valeur d'information générale et n'a pas de portée juridique. L'application concrète dépend de votre nationalité, de votre titre de séjour et de votre département. Vérifiez toujours auprès de service-public.gouv.fr, de l'ANTS ou de l'auto-école où vous vous inscrivez. Situation en septembre 2026.

D'abord : échange ou permis français ?

Si vous détenez déjà un permis de votre pays, vérifiez la possibilité d'échange avant d'engager une inscription. Repartir de zéro alors que l'échange est ouvert coûte beaucoup d'argent et de temps pour rien.

SituationVoie
Permis de l'UE ou de l'EEEVous conduisez sans échange tant qu'il est valide (échange en cas de perte, vol, détérioration, expiration ou nouvelle catégorie)
Permis hors UE + accord de réciprocité + dans le délaiÉchange — 40 € depuis le 12 mai 2026
Permis hors UE + pas d'accord de réciprocité⚠️ C'est l'objet de cet article — permis français depuis le début
Permis hors UE + délai dépassé⚠️ C'est l'objet de cet article
Aucun permis⚠️ C'est l'objet de cet article

💡 Les étudiants ne sont pas pressés

Pendant la durée de vos études en France sous titre de séjour étudiant, vous n'avez pas d'obligation d'échanger votre permis d'origine. Le délai d'échange démarre lorsque votre statut change, après les études. Les conditions d'échange, les accords de réciprocité et la démarche ANTS sont détaillés dans notre guide de l'échange de permis étranger.

Condition d'inscription — le premier blocage

Pour se présenter aux épreuves du permis en France, il faut démontrer que votre vie se déroule effectivement en France. C'est la première condition à laquelle se heurte un candidat étranger — et c'est aussi là que se trouve une porte spécialement ouverte aux étudiants.

📖 Qu'est-ce que la « résidence normale » ?

La notion est définie par l'article R221-1 du code de la route : c'est le lieu où une personne demeure habituellement, c'est-à-dire pendant au moins 185 jours par année civile, en raison d'attaches personnelles et professionnelles. Pour une personne sans attaches professionnelles, on retient les attaches personnelles révélant des liens étroits entre elle et le lieu où elle habite.

Ce critère est délicat pour un étudiant international : ses attaches familiales restent souvent dans son pays d'origine, et les retours pendant les vacances rendent le décompte des 185 jours incertain. C'est précisément pour cela que la réglementation prévoit une condition alternative.

Les conditions applicables aux candidats étrangers relèvent de l'arrêté du 20 avril 2012 fixant les conditions d'établissement, de délivrance et de validité du permis de conduire. Le principe est le suivant :

Les candidats étrangers doivent justifier de l'existence de leur résidence normale ou de leur qualité d'étudiant pendant une période d'au moins six mois sur le territoire français.

Une seule des deux conditions suffit. L'étudiant étranger titulaire d'un titre de séjour ou d'un visa de long séjour correspondant à sa situation peut donc s'inscrire en justifiant qu'il poursuit ses études en France depuis au moins six mois à la date de sa demande, sans avoir à démontrer les 185 jours.

💡 Concrètement

  • Étudiant international → certificat de scolarité + titre de séjour, voie « qualité d'étudiant depuis 6 mois »
  • Titre salarié ou vie privée et familiale → titre de séjour + justificatif de domicile, voie « résidence normale »
  • Dispensé de titre de séjour (ressortissant de l'UE, par exemple) → justificatifs de six mois de présence en France (bulletins de salaire, quittances de loyer…)

Dans tous les cas s'ajoute la régularité du séjour. La fiche de service-public.gouv.fr consacrée au code (vérifiée le 27 avril 2026) demande d'ailleurs au candidat étranger un justificatif de régularité du séjour ou, s'il est dispensé de titre de séjour, la preuve d'une présence en France d'au moins six mois (bulletin de salaire, quittance de loyer…).

⚠️ Les réponses des auto-écoles ne sont pas toujours identiques

Ces conditions sont fixées par la réglementation et vérifiées par l'administration, pas par l'auto-école. Sur le terrain, elles sont souvent résumées en « il faut un titre de séjour et six mois de résidence ». Si vous êtes étudiant et qu'on vous répond que vous n'habitez pas encore en France depuis assez longtemps, signalez la voie de la qualité d'étudiant. Inversement, en cas de doute sur votre situation, vérifiez la liste des pièces demandées sur la démarche ANTS avant de régler des frais d'inscription.

Les conditions d'âge, elles, sont les mêmes pour tout le monde : inscription dès 16 ans, 15 ans pour la conduite accompagnée (AAC), et obtention du permis B à partir de 17 ans.

Le NEPH et les pièces du dossier

Tout commence par le NEPH (numéro d'enregistrement préfectoral harmonisé). Il est attribué une fois pour toutes lors de la première inscription et suit le dossier toute la vie du conducteur. Sans NEPH, aucune épreuve ne peut être enregistrée.

Deux façons de l'obtenir :

  1. Par l'auto-école — le plus courant : elle fait la demande lors de votre inscription
  2. Directement sur l'ANTS — pour les candidats libres ou ceux qui préfèrent gérer eux-mêmes, sur permisdeconduire.ants.gouv.fr

Une fois la demande traitée, vous recevez l'AIPC (attestation d'inscription au permis de conduire), sur laquelle figure votre NEPH.

PièceRemarque
Justificatif d'identitéPasseport, etc.
Justificatif de régularité du séjourTitre de séjour, VLS-TS… obligatoire pour un étranger
Justificatif de domicileDe moins de 6 mois
Photo-signature numériqueCode ePhoto d'une cabine ou d'un photographe agréé, ou formulaire papier
ASSR2 ou ASRPremier permis, né à compter du 1er janvier 1988 et moins de 21 ansvoir ci-dessous
Inscription par la voie étudianteCertificat de scolarité et preuve de 6 mois d'études

Moins de 21 ans : l'ASR — le second blocage

Ce point ne concerne que les personnes scolarisées hors de France, d'où une section à part.

Toute personne née à compter du 1er janvier 1988 et âgée de moins de 21 ans doit détenir l'ASSR2 (attestation scolaire de sécurité routière) ou l'ASR (attestation de sécurité routière) pour que son premier permis puisse être délivré. Au-delà de 21 ans, l'obligation disparaît.

Or l'ASSR2 se passe au collège, en France. Si vous avez été scolarisé à l'étranger, vous ne pouvez tout simplement pas l'avoir. Une voie est donc prévue pour les candidats de plus de 16 ans qui ne sont plus scolarisés.

💡 La solution : l'ASR en Greta

L'organisation de l'ASR est confiée, pour l'ensemble du territoire, aux Greta — les groupements d'établissements de l'Éducation nationale chargés de la formation professionnelle continue des adultes. L'épreuve comporte 20 questions à choix multiples illustrées de séquences vidéo ou d'images, et il faut obtenir au moins 10 sur 20 pour que l'attestation soit délivrée. Contactez le Greta de votre académie pour connaître les sessions.

L'ASR conditionne la délivrance du permis. Mieux vaut donc l'obtenir dès l'inscription, plutôt que de découvrir après avoir réussi la pratique qu'une pièce manque au dossier.

Le code (ETG) — 30 €, 40 questions

Ce qu'on appelle « le code » s'appelle officiellement ETG (épreuve théorique générale commune). Elle vaut pour les permis B1, B, BE ainsi que pour les catégories C et D.

ÉlémentDétail
Prix de l'épreuve30 € — couvre l'inscription et la remise de l'attestation de résultat
Nombre de questions40 questions à choix multiples
Seuil de réussite35 bonnes réponses ou plus
Où la passer5 opérateurs agréés — La Poste, SGS, Dekra, Pearson VUE, Bureau Veritas
Validité du bénéfice5 ans pour passer la pratique
À apporter le jour JConvocation + justificatif d'identité (justificatifs de séjour possibles pour un étranger)

Attention : ces 30 € correspondent à l'épreuve seule. Les cours de code d'une auto-école sont facturés à part, à prix libre. Il est parfaitement possible de préparer le code en autonomie et de ne payer que l'épreuve — faire chiffrer le code séparément du forfait change souvent sensiblement le devis.

💡 Si le français n'est pas encore confortable

L'épreuve du code est aussi, en pratique, un exercice de compréhension écrite. Les énoncés sont longs et jouent sur les négations. On peut connaître la règle et se tromper sur la phrase. Si vous apprenez le français en parallèle, constituez tôt un lexique propre au code (céder le passage, chaussée, s'engager, à l'approche de…) : le gain est net.

La pratique — 20 heures et 32 minutes

La pratique se divise en formation et examen. La formation comporte des minima réglementaires.

FormuleDurée minimale de formation
Boîte manuelle20 heures — dont au moins 15 h sur voies ouvertes (10 h si simulateur)
Boîte automatique13 heures — dont au moins 10 h sur voies ouvertes (7 h si simulateur)
Passage d'automatique à manuelle7 heures

⚠️ 20 heures est un minimum légal, pas une moyenne

Les forfaits des auto-écoles sont presque tous affichés sur la base de 20 heures. Or peu de candidats réussissent avec 20 heures seulement, et les heures supplémentaires sont facturées à l'unité. Au moment de comparer, demandez moins le prix du forfait que le tarif de l'heure supplémentaire et le coût d'une nouvelle présentation à l'examen. C'est là que se creusent les écarts de budget.

L'examen lui-même se déroule ainsi :

Une faute éliminatoire entraîne l'échec quel que soit le total de points — le franchissement d'une ligne continue en est un exemple.

En cas de réussite, vous démarrez avec un permis probatoire et devez apposer le disque « A » à l'arrière du véhicule.

Coût et aides — ce qui a changé en 2026

Le seul montant véritablement fixé est celui de l'épreuve du code, 30 €. Les prestations des auto-écoles relèvent de prix libres et varient fortement selon la ville et l'établissement. Plutôt que de raisonner sur un « prix moyen », faites établir au moins trois devis dans votre secteur.

Les postes à faire détailler séparément :

Les aides : ce qui est réaliste pour un étudiant étranger

⚠️ Le CPF est très restreint depuis le 20 février 2026

En application de la loi de finances pour 2026, la mobilisation du CPF pour préparer les épreuves d'un permis du groupe léger (A1, A2, B1, B) est réservée à deux publics : ① les demandeurs d'emploi inscrits à France Travail, ② les salariés qui bénéficient d'un financement d'un tiers (abondement de l'employeur, aide régionale, Opco…). Les permis du groupe lourd ne sont pas concernés.

Or les droits CPF s'acquièrent par une activité salariée en France : un étudiant étranger a généralement un solde nul ou très faible. Avec cette restriction supplémentaire, mieux vaut ne pas compter sur le CPF. La mesure s'applique immédiatement : les dossiers non éligibles sont annulés après dépôt et les droits restitués.

Le permis à 1 euro par jour, en revanche, mérite d'être étudié si vous entrez dans les conditions. Derrière le nom se cache un prêt à taux zéro dont l'État prend les intérêts en charge : ce n'est pas une subvention, c'est de l'argent emprunté.

ÉlémentDétail
ÂgeEntre 15 et 25 ans à la date de signature du contrat
Permis concernésB, A1, A2
Montant du prêt600 €, 800 €, 1 000 € ou 1 200 € pour une première inscription
Formation complémentaire après échec300 €
RemboursementMensualités de 30 € maximum
ConditionsContrat dans une école labellisée conventionnée avec l'État + accord de l'établissement financier

💡 Le point de friction réel pour un étudiant étranger

Le dispositif ne pose pas de condition de nationalité, mais comme il s'agit d'un prêt, l'établissement financier doit accepter le dossier. Une banque examine notamment si la durée du titre de séjour couvre la durée de remboursement, ainsi que les revenus et l'éventuelle caution. Un étudiant dont le titre est renouvelé chaque année peut être refusé à cette étape. Interrogez la banque sur ce point avant de monter le dossier. Si vous n'avez pas encore de compte, voyez notre guide pour ouvrir un compte bancaire en France.

Existent aussi le FAJ (fonds d'aide aux jeunes, 18-25 ans, via la mission locale), des aides des communes et des régions, et le microcrédit social. Les aides locales varient totalement d'un territoire à l'autre : le plus rapide est de demander directement à votre mairie.

À noter : l'échange de permis est payant depuis mai 2026

Sans lien direct avec le permis français, mais dans la même année : depuis le 12 mai 2026, l'échange d'un permis européen ou étranger contre un permis français est soumis à un droit de timbre de 40 € (20 € en Guyane). La base légale est l'article 128 de la loi n°2026-103 du 19 février 2026 (loi de finances pour 2026) ; le paiement se fait en ligne depuis le 12 mai. L'entrée en vigueur, d'abord annoncée au 4 mai, a été reportée au 12 mai.

Questions fréquentes

Q1. Un étudiant étranger peut-il passer le permis en France ?

Oui — et une voie spécifique lui est ouverte. Le principe est la résidence normale (au moins 185 jours par année civile), mais l'étudiant étranger titulaire d'un titre de séjour ou d'un visa de long séjour correspondant à sa situation peut s'inscrire en justifiant qu'il poursuit ses études en France depuis au moins six mois à la date de sa demande. C'est utile car un étudiant garde souvent ses attaches dans son pays d'origine. La régularité du séjour reste évidemment exigée.

Q2. Combien coûte le code et combien faut-il de bonnes réponses ?

30 €, montant qui couvre l'inscription et la remise de l'attestation de résultat. Il faut 35 bonnes réponses sur 40. L'épreuve se passe chez l'un des cinq opérateurs agréés (La Poste, SGS, Dekra, Pearson VUE, Bureau Veritas). Le bénéfice du code est ensuite conservé 5 ans. Le jour J : convocation et justificatif d'identité.

Q3. J'ai moins de 21 ans et pas d'ASSR2

Normal si vous avez été scolarisé à l'étranger. Il faut passer l'ASR. L'obligation vise les personnes nées à compter du 1er janvier 1988 et âgées de moins de 21 ans, pour un premier permis. Les candidats de plus de 16 ans qui ne sont plus scolarisés passent l'ASR dans un Greta : 20 questions, 10/20 minimum. Après 21 ans, l'obligation tombe.

Q4. Puis-je payer avec mon CPF ?

Très difficilement depuis le 20 février 2026. Pour le groupe léger, dont le permis B, le CPF est réservé aux demandeurs d'emploi inscrits à France Travail et aux salariés bénéficiant d'un financement d'un tiers. De plus, les droits CPF s'acquièrent par une activité salariée en France, si bien qu'un étudiant étranger a rarement un solde utile. Construisez votre budget sans le CPF.

Q5. La boîte automatique est-elle un mauvais calcul ?

Elle réduit la formation minimale à 13 heures, donc le coût et les délais. En contrepartie, le permis est limité à la boîte automatique. Pour conduire une boîte manuelle ensuite, il faut suivre une formation de 7 heures. Le parc automobile français et les véhicules de location restent largement manuels : décidez en fonction de ce que vous conduirez réellement.

Q6. Que devient mon permis français si je rentre dans mon pays ?

Le permis français reste valide en tant que tel. En revanche, sa reconnaissance dans votre pays dépend de la réglementation de ce pays, et les conditions d'échange d'un permis français varient d'un État à l'autre. Si un retour est envisagé, renseignez-vous à l'avance. Pensez aussi à vérifier les conditions de résiliation du contrat d'auto-école avant de le signer.

En résumé

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Article d'information générale. Vérifiez votre situation sur service-public.gouv.fr, l'ANTS ou auprès de votre auto-école.
Sources : service-public.gouv.fr F2828 · F2825 · F33694 · F13609 · F16511, code de la route R221-1, arrêté du 20 avril 2012, Éduscol (ASR), moncompteformation.gouv.fr (20/02/2026), loi n°2026-103 du 19 février 2026 art. 128
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